Guide Habitat & sécurité
Comment savoir si je suis encore autonome ?
Publié le 25 septembre 2026, par Théo Martin. Environ 5 minutes de lecture.
Vous êtes autonome, au sens où l’administration l’entend, si vous faites seul les gestes essentiels d’une journée ordinaire. Vous lever, vous laver, vous habiller, manger, vous déplacer chez vous, vous repérer dans le temps. Ce n’est ni une question d’âge ni une question de maladie. C’est ce que mesure la grille AGGIR, l’outil qui classe chaque personne dans l’un de six groupes et qui décide du droit à l’APA.
Que mesure exactement la grille AGGIR ?
Elle mesure ce que vous faites réellement seul, chez vous, pas ce dont vous seriez capable un bon jour. L’évaluateur passe en revue dix actes de la vie courante, de la cohérence des propos à la capacité de sortir seul dans la rue, en passant par la toilette, l’habillage, les repas, le passage du lit au fauteuil et l’usage du téléphone pour alerter.
Pour chaque acte, la réponse est simple. Vous le faites seul, entièrement, sans difficulté. Vous le faites en partie. Vous ne le faites pas. Ce sont ces réponses qui donnent le groupe, jamais le diagnostic du médecin.
C’est ce qui surprend le plus les familles. Une personne gravement malade mais qui s’habille, se lave et se déplace seule est classée dans un groupe élevé. Une personne sans maladie déclarée mais qui ne se lève plus sans aide est classée plus bas. La grille regarde les gestes, pas le dossier médical.
À faire chez soi
Où en êtes-vous ? Huit questions, celles de la grille
Répondez pour vous-même ou pour un parent, sur une journée ordinaire, pas sur un bon jour. Le résultat ne remplace pas l'évaluation, il dit s'il est temps de la demander.
Vous faites seul l'essentiel
Au sens de la grille, rien ne signale une perte d'autonomie et une évaluation ne s'impose pas. Le bon moment pour adapter le logement, c'est celui-ci, avant la première chute et non après.
Une aide ponctuelle suffit sans doute
Un ou deux actes réclament de l'aide. C'est le profil des deux derniers groupes de la grille, qui ne relèvent pas de l'APA mais de votre caisse de retraite. Demandez-lui son aide au maintien à domicile et faites le point avec votre médecin.
Demandez l'évaluation
Plusieurs actes de la journée réclament une aide. C'est ce que la grille regarde pour ouvrir l'APA. Déposez la demande auprès du département, une équipe viendra chez vous. D'ici là, notez ce qui pose problème dans une journée ordinaire.
Que veulent dire les groupes GIR 1 à 6 ?
Le premier groupe rassemble les personnes confinées au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui ont besoin d’une présence continue. Le deuxième couvre deux situations. Les personnes confinées au lit ou au fauteuil mais dont la tête reste claire, qui ont besoin d’aide pour la plupart des activités. Et celles qui se déplacent encore, mais dont les fonctions mentales sont altérées.
Le troisième groupe correspond aux personnes qui ont toute leur tête, qui se déplacent en partie et qui ont besoin d’aide plusieurs fois par jour pour les soins du corps. Le quatrième couvre deux cas. Les personnes qui ne se lèvent pas seules mais qui, une fois debout, circulent dans le logement et qu’il faut aider pour la toilette et l’habillage. Et celles qui marchent sans difficulté mais qu’il faut aider pour les soins du corps et les repas.
Le cinquième groupe rassemble les personnes qui ont besoin d’une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas ou le ménage. Le sixième, les personnes autonomes pour tous les actes essentiels.
Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent le droit à l’APA. Les deux derniers groupes relèvent des caisses de retraite, ce qui est une source de confusion permanente. Les aides des caisses de retraite existent précisément pour ceux à qui l’APA est refusée.
Qui décide de mon GIR et comment ?
À domicile, une équipe médico-sociale du département vient chez vous après le dépôt d’une demande d’APA, possible dès 60 ans. En établissement, c’est le médecin coordonnateur qui évalue. Personne d’autre ne fixe le groupe, ni le médecin traitant, ni l’aide à domicile, ni la famille.
La visite prend le temps d’un entretien. L’évaluateur pose des questions, regarde le logement et vous observe faire quelques gestes. Il ne juge pas votre état de santé, il note ce que vous faites et ce que vous ne faites plus. Il peut vous demander de vous lever de votre fauteuil et de marcher jusqu’à la cuisine, simplement pour voir.
Cette visite est aussi le moment où se discute le contenu du plan d’aide. Les heures d’aide à domicile, le portage de repas, la téléassistance ou une aide technique se décident là et il est plus facile de les obtenir à ce moment que de les ajouter six mois plus tard.
Comment préparer la visite d’évaluation ?
L’erreur la plus fréquente est de bien faire. Beaucoup de personnes se préparent, s’habillent avec soin, rangent le salon et répondent qu’elles se débrouillent, parce que dire l’inverse coûte. Le classement qui en découle ne correspond alors pas à la vie réelle et le plan d’aide est trop court.
Notez à l’avance, sur une feuille, ce qui pose problème dans une journée ordinaire. Le lever qui prend vingt minutes. La douche qu’on ne prend plus qu’une fois par semaine parce qu’on a peur de tomber. Les repas sautés. Les courses qu’on ne fait plus seul. Décrire une journée difficile n’est pas exagérer, c’est répondre à la question posée.
Si vous accompagnez un parent, soyez présent. Vous voyez des choses qu’il ne dira pas et l’évaluateur a besoin de les entendre. Ayez sous la main les ordonnances, le nom du médecin traitant et la liste des aides déjà en place.
Ce que le résultat change pour votre logement
Un classement dans les GIR 1 à 4 ouvre l’APA, qui finance un plan d’aide personnalisé. L’adaptation du logement peut y figurer, mais elle n’est ni automatique ni prioritaire. Les heures d’aide à domicile passent souvent avant. Pour les travaux, il faut le plus souvent chercher ailleurs.
Avant 70 ans, MaPrimeAdapt’ demande justement une évaluation de la perte d’autonomie. La notification de GIR sert alors au dossier, quel que soit le groupe. À partir de cet âge, elle se demande sans évaluation. Le simulateur d’aides vous dit en six questions ce qui est ouvert dans votre cas, avec le guichet de chaque aide.
Le résultat pèse aussi plus tard. En établissement, le tarif dépendance est fixé selon le groupe. Ce que vous apprenez aujourd’hui sur la grille servira le jour où se posera la question d’un EHPAD.
Et si je suis encore autonome aujourd’hui ?
Alors c’est le bon moment, celui où les décisions se prennent sans urgence. La plupart des pertes d’autonomie ne viennent pas d’une maladie qui avance lentement. Elles viennent d’une chute, puis de l’hospitalisation, puis de la peur de sortir. Prévenir les chutes chez soi retarde le jour où la grille se penche sur vous.
Un logement adapté à temps, une barre de douche, un escalier sécurisé, un éclairage de nuit, ne change pas votre groupe. Il change ce que vous continuez à faire seul et c’est exactement ce que la grille mesure. Les trous de mémoire qui inquiètent méritent le même regard, sans dramatiser ni fermer les yeux.
Cet article peut aider quelqu’un que vous connaissez
Les questions qu’on nous pose
À partir de quel âge peut-on demander une évaluation AGGIR ?
L'évaluation se fait dans le cadre d'une demande d'APA, ouverte dès 60 ans. Avant cet âge, une perte d'autonomie relève de la prestation de compensation du handicap, qui a sa propre grille. Il n'y a pas d'âge maximal.
Qui peut me dire dans quel GIR je suis ?
Seule l'équipe médico-sociale du département, chez vous, ou le médecin coordonnateur en établissement. Votre médecin traitant peut vous donner son avis et remplir le certificat du dossier, mais il ne fixe pas le groupe.
Mon GIR peut-il changer ?
Oui, dans les deux sens. Après une hospitalisation, une chute ou au contraire une rééducation réussie, vous pouvez demander une nouvelle évaluation au département. Le plan d'aide est alors revu.
Je suis dans les deux derniers groupes, ai-je droit à quelque chose ?
Pas à l'APA, réservée aux GIR 1 à 4. Votre caisse de retraite propose une aide au maintien à domicile, heures de ménage ou petits travaux, sous conditions de ressources. Et à partir de 70 ans, MaPrimeAdapt' se demande sans évaluation.