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Senior et vous

Déprime après la retraite, comment passer les premiers mois

Publié le 7 octobre 2026, mis à jour le 29 septembre 2026, par Théo Martin. Environ 17 minutes de lecture.

Déprime après la retraite : un homme de 65 ans repique des plants de salade au potager, une brouette de godets à côté

Pour bien passer les premiers mois de la retraite, il faut savoir que le troisième mois est le plus dur et lui préparer un rythme avant qu’il n’arrive. Deux ou trois rendez-vous fixes par semaine qui ne dépendent que de vous, une heure de lever, une raison de sortir chaque matin. Le passage à vide est normal. Une déprime qui dure, qui touche le sommeil et l’appétit, ne l’est pas et se dit au médecin.

Vous venez de vous arrêter, ou vous allez le faire et vous voulez savoir si ce creux que vous sentez venir est normal et comment le traverser. Il touche beaucoup de monde. Fin 2022, la France comptait 17 millions de retraités de droit direct selon le panorama 2024 de la DREES et chacun d’eux est passé par ces premiers mois, le plus souvent sans qu’on l’ait prévenu. Cet article explique ce que le travail donnait sans qu’on le sache, comment distinguer un passage à vide d’une dépression, les six signes qui doivent faire consulter, la façon de reconstruire un rythme étape par étape, la place du conjoint et les erreurs qui prolongent le creux.

Les premières semaines de retraite ressemblent à des vacances et l’on se demande de quoi se plaignaient ceux qui disaient que c’était dur. Puis les vacances s’arrêtent, sans qu’une autre vie ait encore commencé. C’est le bon moment pour la préparer. Quelques repères suffisent.

Pourquoi le troisième mois est-il le plus difficile ?

Parce que le travail donnait, sans qu’on s’en aperçoive, quatre choses qu’on ne retrouve pas en le quittant.

  • Un rythme, des heures fixes, des semaines qui se distinguent
  • Des gens, vus chaque jour sans avoir à le décider
  • Une utilité, des choses qu’on attendait de vous
  • Une identité, un métier qui disait qui l’on était

Nous les passons en revue une par une, avec ce que le travail donnait, ce qui manque au troisième mois et la façon de le retrouver.

Le rythme

L’heure du réveil, celle du déjeuner, le vendredi soir, le lundi matin. Le travail les fixait sans qu’on ait à y penser.

Ce que le travail donnait

Des heures fixes et des semaines qui se distinguent. Le lundi n’était pas le samedi, le matin n’était pas l’après-midi et le sommeil s’en trouvait réglé sans effort.

Ce qui manque au troisième mois

Les premières semaines, on savoure leur absence. Au bout de deux mois, les journées se ressemblent, on se lève plus tard, on se couche plus tard et le sommeil se dérègle.

Comment le retrouver

Le rythme est la première chose à reconstruire, parce que les trois autres en dépendent. Une heure de lever et deux rendez-vous fixes par semaine suffisent pour commencer, la marche à suivre est plus bas dans cet article.

Les gens

Les collègues n’étaient pas des amis, mais ils étaient là chaque jour et les conversations de couloir comptaient plus qu’on ne le croyait.

Ce que le travail donnait

Des gens vus chaque jour sans avoir à le décider. On parlait de la pluie, des enfants, du week-end, sans rendez-vous et sans effort.

Ce qui manque au troisième mois

Ces conversations disparaissent d’un coup. Un retraité qui vit seul peut passer une semaine sans parler à quelqu’un d’autre que le boulanger, sans l’avoir choisi.

Comment le retrouver

Par la répétition. Une marche du mardi est une marche avec d’autres, un atelier est un groupe et les visages qu’on y croise reviennent la semaine suivante. Les endroits qui marchent le mieux sont ceux où l’on revient à jour fixe.

L’utilité

On était quelqu’un qui faisait quelque chose, à qui l’on demandait des choses. On devient quelqu’un dont on demande comment il va.

Ce que le travail donnait

Des choses qu’on attendait de vous, un dossier à rendre, une équipe à faire tourner, un client à rappeler. Chaque journée avait une raison d’exister avant même de commencer.

Ce qui manque au troisième mois

La différence est plus grande qu’elle n’en a l’air et elle se sent au réveil, quand rien n’attend. Elle est aussi la plus difficile à nommer, on dit qu’on s’ennuie alors que c’est d’être attendu qui manque.

Comment le retrouver

Ailleurs et vite, dans une activité où ce qu’on savait faire continue de servir. Le bénévolat et la famille sont les deux réponses courantes, chacune avec sa condition, détaillées plus bas.

L’identité

« Je suis infirmière », « je suis chauffeur » devient « j’étais ». Ce manque-là est le plus discret.

Ce que le travail donnait

Un métier qui disait qui l’on était, aux autres et à soi-même. On se présentait par lui et l’on était reconnu par lui.

Ce qui manque au troisième mois

Beaucoup de retraités mettent des années à répondre autrement à la question « vous faites quoi ? ». Ce manque pèse surtout chez ceux qui aimaient leur métier.

Comment le retrouver

En gardant ce qu’on savait faire, sous une autre forme, dans une association, auprès d’enfants qui font leurs devoirs, chez des voisins qui ont une porte à réparer. « Je m’occupe des comptes du club » se dit aussi bien que « je suis comptable ».

Comment reconnaître un passage à vide d’une vraie déprime ?

À sa durée et à ce qu’elle touche. Un passage à vide dure quelques semaines et ne change pas le corps. Une déprime dure et le dérègle.

Selon le Baromètre santé 2021 de Santé publique France, un adulte sur huit en France, 12,5 % des 18 à 85 ans, a connu un épisode dépressif caractérisé dans l’année. Le passage à la retraite est l’un des moments où il survient et il se soigne d’autant mieux qu’on ne le laisse pas s’installer pendant un an. Six signes disent qu’on a changé de registre.

  • Un sommeil dégradé depuis plus d’un mois
  • Un appétit qui change, en plus ou en moins
  • Une fatigue que le repos ne répare pas
  • L’abandon de ce qu’on aimait faire
  • Une irritabilité ou une tristesse nouvelles
  • Des idées sombres, même passagères

Pour chacun, ce qu’on remarque, ce que cela veut dire et ce qu’on fait.

Le sommeil dégradé

Se coucher tard, se réveiller à quatre heures, ne plus se rendormir, depuis plus d’un mois.

Ce qu’on remarque

Les nuits se sont cassées en quelques semaines, pas en quelques années. On se couche plus tard parce que rien n’oblige à se lever, on se réveille tôt quand même et la matinée se passe à traîner.

Ce que ça veut dire

Le sommeil qui change avec l’âge est une chose, le sommeil qui se casse en trois mois en est une autre. Le second suit souvent le moral et il est l’un des premiers signes d’un épisode dépressif.

Ce qu’on fait

On note depuis quand et on le dit au médecin tel quel, « je dors mal depuis ma retraite ». En attendant, une heure de lever fixe et une sortie chaque matin remettent une partie de l’horloge en place.

L’appétit qui change

Sauter des repas sans y penser, ou au contraire manger sans faim, devant la télévision.

Ce qu’on remarque

Le poids bouge de quelques kilos dans un sens ou dans l’autre. Le conjoint le voit avant la personne, aux vêtements qui flottent ou qui serrent.

Ce que ça veut dire

L’appétit suit le plaisir. Quand il disparaît ou quand il se remplace par du grignotage, c’est souvent le plaisir de manger qui est parti avec le reste.

Ce qu’on fait

On garde trois repas à heures fixes, assis à table, même seul et l’on en parle au médecin avec les autres signes. Le poids noté chaque mois lui donne un repère.

La fatigue que le repos ne répare pas

Dormir dix heures et se lever fatigué. Rester assis tout l’après-midi et se sentir vidé le soir.

Ce qu’on remarque

La fatigue ne suit plus l’effort. Une journée sans rien faire épuise autant qu’une journée de travail et une grasse matinée ne repose pas.

Ce que ça veut dire

Cette fatigue-là ne vient pas du corps, elle vient de ce que rien ne tire vers l’avant. Elle s’allège dès qu’un rendez-vous attend le lendemain.

Ce qu’on fait

On essaie, pendant une semaine, deux rendez-vous fixes le matin. Si la fatigue tient malgré cela, elle se dit au médecin, qui cherchera aussi une cause dans le corps.

L’abandon de ce qu’on aimait

Le jardin qu’on ne fait plus, les mots croisés abandonnés, le journal qu’on n’ouvre plus.

Ce qu’on remarque

Ce n’est pas l’ennui, c’est l’envie qui manque. Les choses qu’on attendait de faire à la retraite sont là, à portée de main et l’on n’y touche pas.

Ce que ça veut dire

Le signe le plus net est la perte du plaisir dans ce qui plaisait, pas seulement dans ce qui était imposé. Elle figure, avec la tristesse, dans la définition même de l’épisode dépressif.

Ce qu’on fait

On reprend une seule de ces activités, la plus courte, à une heure fixe, sans attendre l’envie. Si le plaisir ne revient pas en quelques semaines, on le dit au médecin.

L’irritabilité ou la tristesse nouvelles

S’énerver contre le conjoint pour rien, pleurer devant un film qu’on aurait regardé sans rien sentir.

Ce qu’on remarque

L’humeur change de registre. Les hommes, en particulier, disent rarement la tristesse et la vivent souvent en s’isolant, en buvant un peu plus, en s’énervant contre leur entourage.

Ce que ça veut dire

Une irritabilité nouvelle est souvent une tristesse qui ne trouve pas ses mots. Chez un jeune retraité, elle dit plus souvent un moral qui baisse qu’un caractère qui change.

Ce qu’on fait

Le conjoint nomme ce qu’il voit, sans reproche. La personne, elle, essaie de le dire avec ses mots à quelqu’un, le médecin en premier, parce que c’est ce qui se soigne le mieux quand c’est dit tôt.

Les idées sombres

Se dire qu’on ne sert plus à rien, que la vie est derrière, que ce serait plus simple de ne plus être là.

Ce qu’on remarque

Elles passent vite et l’on n’en parle pas. Elles reviennent le soir, ou le matin au réveil, quand rien n’attend.

Ce que ça veut dire

Même passagères, elles disent que le passage à vide a changé de nature. Elles ne sont pas une faiblesse, elles sont un signe et un signe se soigne.

Ce qu’on fait

Elles se disent au médecin le jour même. Elles ne se gardent pas pour soi et l’on n’attend pas le prochain rendez-vous prévu pour les dire.

Un seul signe ne dit rien. Trois qui durent disent qu’il faut en parler à son médecin et le dire clairement, « depuis ma retraite je ne vais pas bien ». Les articles qui vous disent de « positiver » ne servent à rien à ce stade. Le médecin, si.

Déprime après la retraite : un jeune retraité trace un trait au feutre sur un grand calendrier mural

Comment reconstruire un rythme ?

En fixant des rendez-vous qui ne dépendent que de vous, avant même de savoir ce que vous voulez faire de votre retraite.

Le mardi matin, la marche. Le jeudi, l’atelier ou la bibliothèque. Le vendredi, la demi-journée de bénévolat. Une heure de lever, la même chaque jour et le petit-déjeuner habillé, pas en robe de chambre. Ces rendez-vous paraissent artificiels. Ils le sont, exactement comme l’était l’heure d’arrivée au bureau et ils font le même travail.

Le rythme ramène les gens. Une marche du mardi est une marche avec d’autres. Un atelier est un groupe. Nous avons écrit sur les endroits où l’on rencontre vraiment du monde à la retraite et ils commencent tous par la répétition.

Le grand projet, le voyage, la maison à retaper, peut attendre. Il vient bien quand un rythme existe déjà. Il ne remplace pas un rythme et beaucoup de retraités qui avaient tout misé sur un projet se retrouvent au même point une fois qu’il est fini.

Par où commencer, semaine après semaine ?

Par cinq étapes, à engager si possible avant le départ, sinon dès qu’on lit ces lignes.

  1. Fixer une heure de lever et s’habiller pour la journée
  2. Poser deux rendez-vous fixes par semaine sur le calendrier
  3. Choisir une activité où l’on apporte une compétence
  4. Parler des matinées avec son conjoint
  5. Revoir les rendez-vous au bout de six semaines

Chaque étape est détaillée avec ce qu’elle apporte, ce qui coince et la façon de s’y prendre.

Fixer l’heure de lever

La même heure du lundi au dimanche, à une demi-heure près et le petit-déjeuner pris habillé.

Ce que ça apporte

Ce geste paraît dérisoire. Il tient la journée par le haut et protège le sommeil, parce que l’heure du réveil règle l’horloge mieux que l’heure du coucher.

Ce qui coince

Rien n’oblige plus à se lever. Le premier matin gris, on se dit qu’un jour de plus ne change rien et l’heure glisse d’un quart d’heure par semaine.

Comment s’y prendre

Le réveil sonne à la même heure, y compris le dimanche. On s’habille avant le café et l’on garde une raison de sortir dans la matinée, le pain, le journal, la marche.

Poser deux rendez-vous fixes

Deux, pas cinq. Une marche en groupe, un cours, une permanence, une piscine.

Ce que ça apporte

Deux jours de la semaine qui ne ressemblent plus aux autres. Le mardi redevient un mardi et les gens qu’on y croise reviennent la semaine suivante.

Ce qui coince

Le critère est qu’ils aient lieu même quand vous n’en avez pas envie, parce que d’autres vous y attendent. Les rendez-vous qu’on peut annuler sans que personne le remarque ne comptent pas.

Comment s’y prendre

On les pose sur le calendrier de la cuisine, au feutre, avant le départ si possible. On choisit des activités en groupe, où une absence se voit et l’on tient six semaines avant de juger.

Choisir une activité où l’on apporte quelque chose

Un ancien comptable qui tient les comptes d’une association, une ancienne institutrice qui aide aux devoirs, un bricoleur qui répare pour les voisins.

Ce que ça apporte

Ce que vous saviez faire continue de servir. Quelqu’un attend ce que vous savez et c’est cela qui remplace l’utilité du travail, pas les heures données.

Ce qui coince

Donner des heures ne suffit pas. Une permanence où l’on ne fait rien de précis lasse en un mois, alors qu’une tâche qui demande son savoir-faire tient des années.

Comment s’y prendre

On part de son ancien métier et l’on cherche qui, autour de soi, en a besoin, une association, une école, une mairie, des voisins. On propose une demi-journée par semaine pour commencer, pas davantage.

Parler des matinées avec son conjoint

« Qu’est-ce que tu vas faire de tes matinées » est une question à poser avant le départ, pas trois mois après.

Ce que ça apporte

Deux rythmes qui s’accordent au lieu de se gêner. Chacun sait quand l’autre est là et quand la maison lui appartient.

Ce qui coince

La question paraît indélicate, alors on ne la pose pas. Trois mois plus tard, elle se pose toute seule, en reproche, quand l’un traîne jusqu’à dix heures et que l’autre veut sortir.

Comment s’y prendre

On en parle à table, avec le calendrier, avant le départ. Le critère est que chacun garde des activités séparées et des moments à soi.

Revoir les rendez-vous au bout de six semaines

Ce qui a tenu six semaines tiendra. Ce qui a été annulé trois fois ne convenait pas.

Ce que ça apporte

Un rythme qu’on a choisi, pas subi. Les rendez-vous qui restent sont ceux où l’on a plaisir à aller et ce sont ceux-là qui tiennent des années.

Ce qui coince

On garde par devoir une activité qui ennuie, parce qu’on s’y est engagé ou parce qu’elle paraît vertueuse. Elle finit par être annulée et elle emporte le reste avec elle.

Comment s’y prendre

Ce qui a été annulé trois fois se remplace, sans culpabilité. Le critère est le plaisir qu’on a à y aller, pas la vertu de l’activité.

Déprime après la retraite : un couple de jeunes retraités marche bras dessus bras dessous en parlant

Que faire de l’utilité perdue ?

La retrouver ailleurs et vite. Le manque d’utilité est le plus discret et le plus lourd.

Le bénévolat est la réponse la plus courante et elle marche, à condition de choisir quelque chose où l’on apporte une compétence, pas seulement des heures. Ce qu’on savait faire continue de servir et c’est cela qui compte.

La famille est l’autre réponse, avec un piège. Garder les petits-enfants tous les jours donne une utilité, mais elle est décidée par les enfants et elle finit par peser. Un ou deux jours choisis valent mieux qu’une disponibilité permanente qu’on regrette sans oser le dire. Nous connaissons le cas classique du grand-père qui garde trois petits-enfants quatre jours par semaine, qui n’a plus une matinée à lui et qui se dit épuisé sans comprendre qu’il a repris un emploi à temps plein qu’il n’a pas choisi.

Comment le conjoint vit-il ce moment ?

Souvent mal et sans le dire. Quand l’un des deux s’arrête, l’autre voit sa vie changer aussi et le foyer où l’on se croisait le soir devient un lieu où l’on se voit toute la journée.

Les couples qui traversent bien ce cap sont ceux qui gardent chacun des activités séparées et qui en parlent avant. Beaucoup de tensions du troisième mois viennent de deux rythmes qui ne s’accordent plus, l’un qui se lève à sept heures par habitude et l’autre qui traîne jusqu’à dix, l’un qui veut sortir et l’autre qui veut enfin rester.

Le conjoint est aussi celui qui voit les signes avant la personne. Nommer ce qu’on voit, sans reproche, « depuis que tu t’es arrêté, tu dors mal et tu ne sors plus », puis proposer d’aller ensemble chez le médecin, est souvent ce qui déclenche la consultation.

Les erreurs à éviter

Cinq, qui transforment un creux de quelques semaines en une année perdue. Pour chacune, ce qui se passe, la conséquence et ce qu’on fait à la place.

Attendre que ça passe

Ce qui se passe

Le creux du troisième mois passe. On se dit donc que le reste passera aussi, avec le temps et l’on ne dit rien à personne.

La conséquence

Une dépression installée ne passe pas seule. L’attente coûte un traitement plus long et une année de moins.

Ce qu’on fait à la place

On compte. Un creux qui dure plus d’un mois et qui touche le sommeil ou l’appétit se dit au médecin, sans attendre le rendez-vous annuel.

Tout miser sur un projet

Ce qui se passe

Le voyage, les travaux, le livre à écrire. On a attendu la retraite pour cela et l’on s’y jette dès le premier jour, à plein temps.

La conséquence

Une fois le projet fini, on se retrouve au troisième mois, avec six mois de retard.

Ce qu’on fait à la place

Le projet vient bien quand un rythme existe déjà. On pose d’abord les deux rendez-vous de la semaine, puis on lui donne les journées qui restent.

Remplir l’agenda pour ne pas penser

Ce qui se passe

Cinq activités par semaine dès le premier mois, choisies vite, pour ne pas sentir le vide.

La conséquence

L’épuisement, puis l’abandon de tout d’un coup, ce qui vaut pire que de n’avoir rien commencé.

Ce qu’on fait à la place

Deux rendez-vous fixes, tenus six semaines, puis un troisième si l’envie est là. Le rythme se construit, il ne se remplit pas.

Se laisser attribuer la garde des petits-enfants

Ce qui se passe

Les enfants demandent un jour, puis deux, puis la semaine. On dit oui parce qu’on est libre et parce que ça fait plaisir.

La conséquence

Sans l’avoir choisi ni limité, c’est un emploi à temps plein non payé, qui empêche de construire quoi que ce soit d’autre.

Ce qu’on fait à la place

Un ou deux jours choisis, dits clairement aux enfants dès le début. Les autres matinées restent à soi et les petits-enfants y gagnent un grand-parent reposé.

Ne pas en parler à son conjoint

Ce qui se passe

Chacun voit l’autre changer et se tait, pour ne pas peser ou parce qu’on croit que l’autre va bien.

La conséquence

Deux personnes qui dépriment côte à côte, chacune persuadée que l’autre va bien.

Ce qu’on fait à la place

On nomme ce qu’on voit, sans reproche, « depuis que tu t’es arrêté, tu dors mal et tu ne sors plus » et l’on propose d’aller ensemble chez le médecin.

Que retenir pour les premiers mois ?

Que le creux est normal, qu’il arrive vers le troisième mois et qu’il se prépare. Deux rendez-vous fixes par semaine avant le départ, une heure de lever gardée, une utilité trouvée ailleurs dans les six mois. Si le creux dure et touche le sommeil et l’appétit, un rendez-vous chez le médecin, sans attendre que ça passe. Ça passe mieux avec de l’aide. Le corps a besoin de bouger autant que la tête a besoin d’un rythme.

Cet article peut aider quelqu’un que vous connaissez

Les questions qu’on nous pose

Est-il normal de déprimer après le départ à la retraite ?

Un passage à vide est fréquent vers le troisième mois, quand les vacances se terminent sans qu'une vie nouvelle ait commencé. Il devient une vraie déprime quand il dure, quand le sommeil et l'appétit se dérèglent et qu'on ne prend plus plaisir à rien. Dans ce cas, on en parle à son médecin.

Pourquoi le troisième mois de retraite est-il difficile ?

Parce que le travail donnait sans qu'on le sache un rythme, des gens à voir et une raison de se lever. Les premières semaines, on profite de leur absence. Ensuite elle se fait sentir et rien n'est encore venu la remplacer.

Qu'est-ce qu'un épisode dépressif ?

Une période d'au moins deux semaines pendant laquelle la tristesse ou la perte d'intérêt occupent presque toute la journée, presque tous les jours, avec des changements du sommeil, de l'appétit, de l'énergie ou de la concentration. C'est un diagnostic médical, pas un jugement sur le caractère. Il se soigne.

Passage à vide ou dépression, comment faire la différence ?

Par la durée et par le corps. Un passage à vide dure quelques semaines, laisse des bons moments et ne change ni le sommeil ni l'appétit. Une dépression dure plus d'un mois, retire le plaisir de tout et dérègle le corps. Le doute se tranche chez le médecin, pas seul.

Comment retrouver un rythme à la retraite ?

En fixant chaque semaine deux ou trois rendez-vous réguliers qui ne dépendent que de vous, une marche, un atelier, une demi-journée de bénévolat et en gardant une heure de lever. Le rythme ne revient pas seul, il se construit et il ramène les gens avec lui.

Quels sont les signes d'une dépression chez un jeune retraité ?

Un sommeil dégradé depuis plusieurs semaines, un appétit qui change, une fatigue qui ne passe pas, l'abandon de ce qu'on aimait, une irritabilité nouvelle, des idées sombres. Un seul signe ne suffit pas, leur durée compte. Le médecin traitant est la première personne à qui en parler.

Comment aider un conjoint qui déprime depuis sa retraite ?

En nommant ce qu'on voit, sans reproche, « depuis que tu t'es arrêté, tu dors mal et tu ne sors plus », en proposant un rendez-vous chez le médecin et en l'y accompagnant. On ne remplit pas ses journées à sa place. On garde ses propres activités, pour que la maison ne devienne pas un lieu où l'on se surveille.

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