Soin des pieds après 70 ans, 5 gestes qui évitent la chute
Publié le 17 octobre 2026, mis à jour le 29 septembre 2026, par Théo Martin. Environ 10 minutes de lecture.
Pour prendre soin de ses pieds après soixante-dix ans, il faut les regarder chaque semaine, les sécher entre les orteils, les hydrater, porter des chaussures fermées à talon bas qui tiennent le pied et confier les ongles à un pédicure-podologue dès qu’on ne peut plus les couper soi-même. Ce n’est pas une affaire de confort. Les pieds sentent le sol et règlent l’équilibre et un cor, un ongle qui appuie ou une chaussure qui glisse suffisent à faire tomber.
Vous cherchez sans doute à savoir ce qui compte vraiment, entre la crème, les chaussures et le pédicure, pour un parent qui ne se penche plus ou pour vous-même. L’enjeu n’est pas la coquetterie. Selon le plan antichute des personnes âgées lancé en 2022, les chutes provoquent chaque année en France plus de cent mille hospitalisations et plus de dix mille décès chez les personnes âgées et le pied qui fait mal ou la chaussure qui glisse sont parmi les causes les plus simples à corriger. Cet article explique pourquoi les pieds décident de l’équilibre, ce qu’il faut regarder, les cinq gestes de soin un par un, les chaussures qui protègent, quand voir un pédicure-podologue et ce qui est remboursé, les étapes pour s’y mettre, les erreurs à éviter et ce qui a changé depuis 2021 pour les personnes diabétiques.
On cesse de regarder ses pieds le jour où se pencher devient difficile et il faut plusieurs années pour que cela se voie. Entre-temps, ils ont changé et la marche avec eux.
Pourquoi les pieds décident-ils de l’équilibre ?
Parce que ce sont les seuls capteurs en contact avec le sol. La plante du pied dit au cerveau si le sol est plat, dur, glissant, si le poids est devant ou derrière. Quand cette information se brouille, l’équilibre se dérègle.
Elle se brouille pour trois raisons. Une douleur, un cor, un durillon, un ongle qui appuie, qui fait poser le pied de travers pour l’éviter. Une sensibilité qui baisse, fréquente avec le diabète ou certaines maladies des nerfs, qui fait marcher comme sur du coton. Et des chaussures qui ne tiennent pas, mules, chaussons ouverts, semelles lisses, qui obligent à crisper les orteils pour les garder.
Chacune de ces raisons se corrige. Les pieds sont pour cela un des meilleurs endroits où agir dans la prévention des chutes, parce qu’on y gagne beaucoup pour peu.
Que faut-il regarder et à quelle fréquence ?
Toute la surface du pied, une fois par semaine, avec un miroir posé au sol si l’on ne peut pas se pencher.
- La peau, sèche, fendillée ou rouge
- Les ongles, longs, épais ou qui rentrent dans la chair
- Les cors et durillons sous la plante et sur les orteils
- Les espaces entre les orteils, blancs ou macérés
- Toute plaie, même petite, qui ne cicatrise pas
Une plaie qui ne cicatrise pas en une semaine se montre au médecin, surtout chez une personne diabétique, chez qui elle peut s’aggraver vite sans faire mal. Le diabète justifie pour cette raison un suivi des pieds à part, décrit plus bas.
Un enfant ou un proche peut regarder les pieds de son parent une fois par mois. Ce geste gêne un peu la première fois et il a évité beaucoup de complications. Une fille nous racontait avoir découvert, en aidant sa mère à enfiler ses chaussettes, un ongle du gros orteil devenu si épais qu’il ne rentrait plus dans la chaussure, ce que sa mère compensait depuis des mois en portant des mules. Trois mules plus tard, la chute.
Quels sont les cinq gestes de soin qui comptent ?
Cinq, qui tiennent en dix minutes après la douche et dont chacun retire une cause de chute.
- Regarder les pieds chaque semaine, miroir au sol
- Sécher entre les orteils, chaque espace
- Hydrater la plante et le talon, jamais entre les orteils
- Couper les ongles droits, pas trop courts
- Changer de chaussettes chaque jour, sans couture qui serre
Regarder chaque semaine
Le geste qui permet tous les autres. Sans regard, la peau se fend, l’ongle s’épaissit et la plaie s’installe sans qu’on le sache.
Ce que ça apporte
Une plaie vue à trois jours se soigne en une semaine. Vue à trois semaines, elle peut mener à l’hôpital, surtout chez une personne diabétique.
Ce qui coince
Se pencher. Après soixante-dix ans, beaucoup ne voient plus la plante de leur pied et cessent de la regarder sans le dire.
Comment s’y prendre
Un miroir posé au sol, ou un miroir à main tenu sous le pied posé sur le genou opposé, assis au bord du lit. Une fois par semaine, le même jour, après la douche.
Sécher entre les orteils
Le geste le plus oublié. La peau entre les orteils macère quand elle reste humide et les mycoses s’y installent, puis se fissurent.
Ce que ça apporte
Une peau saine entre les orteils, sans mycose ni fissure, donc sans porte d’entrée pour une infection.
Ce qui coince
Atteindre les orteils quand le dos ou les hanches ne suivent plus.
Comment s’y prendre
Une serviette tenue aux deux bouts, passée dans chaque espace comme un fil dentaire, assis. Un sèche-cheveux à basse température fait le même travail quand la serviette ne passe plus.
Hydrater la plante et le talon
La peau du pied sèche avec l’âge et le talon se fend. Les fentes du talon sont profondes, douloureuses et s’infectent.
Ce que ça apporte
Un talon souple qui ne se fend pas, donc une marche sans douleur et sans compensation.
Ce qui coince
La crème mise au mauvais endroit. Entre les orteils, elle macère et fait le lit des mycoses.
Comment s’y prendre
Une crème ordinaire, le soir, sur la plante et le talon, en évitant les espaces entre les orteils. Une brosse à long manche ou une éponge sur un bâton pour l’appliquer quand se pencher est impossible.
Couper les ongles droits
Un ongle mal coupé rentre dans la chair, un ongle trop long appuie dans la chaussure. Les deux font mal et les deux changent la façon de poser le pied.
Ce que ça apporte
Pas d’ongle incarné, pas de douleur au bout du pied, une chaussure qui reste confortable.
Ce qui coince
Voir ses pieds, tenir le coupe-ongles et avoir la force de couper un ongle épaissi par l’âge. Trois choses qui manquent souvent en même temps.
Comment s’y prendre
Droit, pas trop court, sans arrondir les coins, après la douche quand l’ongle est ramolli. Et dès que ce n’est plus possible, un pédicure-podologue, décrit plus bas. Se blesser en coupant ses ongles est une cause fréquente de plaie du pied.
Changer de chaussettes chaque jour
Le geste qu’on croit acquis et qui ne l’est plus quand la lessive devient une corvée.
Ce que ça apporte
Un pied sec, sans frottement, sans couture qui marque et coupe la circulation à la cheville.
Ce qui coince
La lessive, l’enfilage quand se pencher est difficile, les chaussettes trop serrées qu’on garde parce qu’elles sont chaudes.
Comment s’y prendre
Des chaussettes en coton ou en laine, sans élastique serré, un enfile-chaussettes à long manche quand se pencher est pénible. Quand se pencher n’est plus possible, un tabouret de douche permet de faire tout cela assis. Notre page sur la douche adaptée décrit le siège et la barre qui rendent ce moment sûr.
Quelles chaussures protègent de la chute ?
Celles qui tiennent le pied et accrochent le sol. Fermées, avec un contrefort au talon, un talon bas et large, une semelle épaisse antidérapante et une fermeture par lacet ou par scratch qui serre.
Ce qui fait tomber, ce sont les mules, les chaussons ouverts, les tongs, les chaussettes seules sur le carrelage, les semelles en cuir lisse et les chaussures trop grandes qu’on garde parce qu’elles sont confortables. Un chausson fermé à semelle antidérapante coûte peu et remplace utilement tous les autres à la maison.
Les pieds s’élargissent avec l’âge. Des chaussures achetées il y a dix ans serrent, on les remplace par des modèles plus larges, à la bonne pointure, mesurée en fin de journée quand le pied a gonflé. On essaie les deux pieds, debout, en marchant dans le magasin et l’on appuie du pouce sur le bout pour vérifier qu’il reste la place d’un doigt devant les orteils.
Quand faut-il voir un pédicure-podologue ?
Dès qu’on ne peut plus couper ses ongles soi-même, ce qui arrive plus tôt qu’on ne croit et pour tout cor, durillon, ongle épais ou incarné. Tous les deux ou trois mois, par prudence, c’est un rythme raisonnable.
Le pédicure-podologue coupe, ponce, retire ce qui fait mal et repère ce que vous ne voyez pas. Il peut aussi fabriquer des semelles quand la façon de marcher le justifie. Beaucoup se déplacent à domicile. Pour les personnes diabétiques dont le pied est classé à risque de grade 2 ou 3, les soins de prévention sont pris en charge en totalité par l’Assurance maladie, sur prescription, selon la fiche de l’Assurance maladie sur le suivi des pieds du diabétique. Pour les autres, ils restent le plus souvent à la charge de la personne et certaines mutuelles en remboursent une partie.
Un pédicure tous les trois mois coûte moins qu’une chute et il rend une chose qu’on avait oubliée, la marche sans y penser.
Par où commencer ?
Par cinq étapes, sur un mois. La première prend cinq minutes ce soir.
- Regarder ses deux pieds ce soir, miroir au sol
- Mettre les mules et les chaussons ouverts au placard
- Acheter des chaussons fermés à semelle antidérapante
- Prendre rendez-vous chez un pédicure-podologue
- Fixer le jour de la semaine où l’on regarde ses pieds
Regarder ce soir
Les deux pieds, dessus, dessous, entre les orteils. Le critère est simple, on note ce qu’on voit, une fente, une rougeur, un ongle épais et l’on décide de ce qui suit.
Ranger les mules
Toutes, y compris celles qu’on aime. Le critère est qu’il ne reste dans l’entrée que des chaussures qui tiennent le talon.
Acheter des chaussons fermés
Fermés au talon, semelle antidérapante, scratch. Le critère est qu’ils ne quittent pas le pied quand on secoue la jambe assis.
Prendre rendez-vous
Chez un pédicure-podologue, à domicile si sortir est difficile. Le critère est la date, dans le mois, avant que l’ongle épais n’ait fait un cor.
Fixer le jour
Le dimanche après la douche, par exemple. Le critère est la régularité, le même jour chaque semaine, noté sur le calendrier les premières fois.
Les erreurs à éviter
Cinq, qui mènent du pied négligé à la chute.
Couper les coins des ongles
Pour faire joli ou pour éviter qu’ils accrochent. La conséquence est un ongle incarné, douloureux, qui change la façon de marcher et s’infecte.
Mettre de la crème entre les orteils
Par souci de bien faire. La conséquence est une peau qui macère et une mycose qui fissure.
Garder les mules parce qu’elles sont confortables
La conséquence est un pied qui crispe les orteils pour retenir la chaussure et une chute sur le carrelage de la cuisine.
Se couper les ongles avec des ciseaux à papier ou un cutter
Faute de voir ou de force. La conséquence est une plaie, qui chez une personne diabétique peut devenir grave sans faire mal.
Attendre que ça fasse mal pour consulter
La sensibilité baisse avec l’âge et avec le diabète. La conséquence est une plaie découverte tard, au stade où elle demande des semaines de soins.
Ce qui change
Depuis le 15 mai 2021, selon l’Assurance maladie, les personnes diabétiques dont le pied est classé au grade 2 ont droit à cinq séances de prévention prises en charge par an au lieu de quatre et celles classées au grade 3 avec une plaie en cours de cicatrisation à huit séances au lieu de six. Depuis la loi du 19 mai 2023 et l’avenant signé le 26 juillet 2023, le pédicure-podologue peut lui-même évaluer le grade de risque du pied d’une personne diabétique et prescrire ces séances, sans passer par le médecin. Pour une personne diabétique qui ne voit plus ses pieds, le pédicure est devenu la porte d’entrée la plus simple.
Des pieds qui ne font pas mal sont la condition pour bouger tous les jours et bouger tous les jours est ce qui garde debout. Si une première chute a déjà eu lieu, notre article sur la peur qui reste après une chute dit comment oser ressortir.
Cet article peut aider quelqu’un que vous connaissez
Les questions qu’on nous pose
Pourquoi les pieds sont-ils importants pour l'équilibre des personnes âgées ?
Parce que ce sont eux qui sentent le sol et transmettent au cerveau où l'on en est. Un cor douloureux, un ongle qui appuie, une peau sèche qui se fend ou une sensibilité qui baisse changent la façon de poser le pied, donc l'équilibre, donc le risque de chute.
Qu'est-ce qu'un pédicure-podologue ?
Un professionnel de santé diplômé qui soigne la peau et les ongles du pied, cors, durillons, ongles épais ou incarnés et qui fabrique des semelles quand la façon de marcher le justifie. Il exerce en cabinet et souvent à domicile. Ses soins sont remboursés sur prescription pour les personnes diabétiques à risque, rarement pour les autres.
Pédicure ou podologue, quelle différence ?
En France, c'est le même diplôme et le même professionnel, le pédicure-podologue. La pédicurie désigne le soin de la peau et des ongles, la podologie l'étude de la marche et la fabrication de semelles. Une esthéticienne qui fait une « pédicure » ne soigne pas, elle embellit, ce qui n'est pas la même chose.
Quelles chaussures porter après 70 ans ?
Fermées, à talon bas et large, à semelle antidérapante, qui tiennent le talon et se ferment par un scratch ou un lacet. Ni mules ni chaussons ouverts, qui glissent du pied. Et pas de pieds nus ni de chaussettes seules sur du carrelage.
Quand consulter un pédicure-podologue ?
Dès qu'on n'arrive plus à couper ses ongles soi-même, en cas de cor, de durillon, d'ongle épais ou incarné, ou tous les deux ou trois mois par prudence. Pour les personnes diabétiques, les soins sont pris en charge sur prescription selon le niveau de risque.
Comment prendre soin de ses pieds quand on ne peut plus se pencher ?
Avec un miroir posé au sol pour les regarder, une brosse à long manche pour les laver, une serviette passée entre les orteils pour les sécher et un pédicure pour les ongles. Un proche peut aussi regarder les pieds une fois par mois, c'est un geste simple et utile.
Faut-il mettre de la crème entre les orteils ?
Non. La crème hydrate la plante et le talon, là où la peau sèche se fend. Entre les orteils, la peau doit rester sèche, sinon elle macère et les mycoses s'installent. On sèche entre les orteils, on hydrate le dessous.
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